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Histoire |
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Les Mayas Rattaché au Mexique en 1824, le Chiapas était chargé d’une lourde histoire. La civilisation maya avait alors élu domicile sur ses terres accueillantes et riches de ressources vivrières. Il semble important de présenter, d’une manière brève et non exhaustive, cette civilisation qui dominait déjà quelques millénaires avant Jésus Christ. Saisir ceci pourra nous permettre par la suite de mieux comprendre tous les enjeux qui découlent de ce lourd passé. Mais il faut aussi prendre en compte l’histoire du Chiapas actuelle dans le contexte de l'histoire contemporaine mexicaine, des 500 années de soumission des peuples indigènes au commencement de la prise de conscience, dès la fin de 1983, et de la rébellion Indigène, en 1994. Afin de mieux comprendre l’histoire
du Chiapas il semble intéressant de faire un rapide historique
sur la civilisation maya. C’est parce que cet état est chargé
d’histoire, et que des descendants directs de cette civilisation
existent encore et cherchent à conserver leur culture et leurs
traditions, que la situation actuelle est particulière et mouvementée.
Les indigènes vivants actuellement au Chiapas n’ont pour
cesse de faire valoir leur culture ancestrâle, prônant parfois
même un développement propre et indépendant. On situe l’apparition des mayas vers 3000 avant Jésus Christ. La civilisation maya n’est alors pas un empire mais plutôt plusieurs villes éparpillées ayant chacune leur propre hiérarchie et régnant sur un territoire de taille variable. On parle alors de la civilisation Mokaya . C’est pendant la période dite classique (s’étendant de 2500 av J.C à 250 ap J.C) que remonterai la civilisation Olmèque située au Chiapas et Yucatan. Il existe aujourd’hui encore beaucoup d’incertitude sur l’histoire maya. C’est vers 300 av. J.C. que l’accroissement fut le plus fort. Tikal et Calakmul s’imposèrent comme cités prédominantes sur l’ensemble du monde maya. L’aire post classique quant à elle débute vers 921 avec un effondrement culturel. De nombreuses cités-états disparaîtront. De très nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer cette brutale chute. L’hypothèse retenue serait une accumulation de situations très défavorables (catastrophes écologiques…). C’est dans la zone centrale de la Méso Amérique que s’éteindra définitivement la culture maya, alors que le nord et le sud connaîtront une renaissance culturelle due en partie à l’arrivée de nouvelles ethnies. A partir de cette époque et jusqu’à l’arrivée des Espagnols, on note une dégradation du sentiment religieux et de la création intellectuelle et artistique. Lorsque les Espagnols arrivent vers 1520, la région est aux mains de cités-états de moindre importance. Certaines cités résisteront, mais le dernier état maya, le royaume d’Itza au Guatemala, tombera en 1697. Par la suite les indiens étaient exploités pour leur force de travail ou pour l’argent qu’ils pouvaient rapporter aux colons. La plupart devinrent esclaves. Au XVIIIe siècle, les mines, le commerce et l’agriculture
(les hacienda commencent à émerger) génèrent
des petites fortunes aux colons et aux nobles, alors que 9 millions de
peones ou mozos à majorité indigènes, travaillaient
dans des conditions de vie misérables. En réalité
la plupart des indigènes du Chiapas se sont retrouvés à
travailler dans de grandes propriétés agricoles . Les riches
propriétaires dominaient le peon de manières totalement
illégales. A la moitié du XX° siècle la quasi-totalité
des indigènes vivaient dans ces grands domaines qui fonctionnaient
repliés sur eux-mêmes en mêlant l’autosubsistance
économique et indépendance juridique. La puissance de ces
domaines en faisait une véritable institution, bien qu’officieuse.
Ils disposaient de prisons, de boutiques et de dortoirs ou petites huttes.
La justice nationale ne pénétrait pas dans cet univers clos.
Ces derniers vivaient à l’intérieur même du
domaine avec femme et enfants connaissant frustration humiliation et punition
régulièrement et ce, dans la plupart des cas et des domaines.
L’alcool, généreusement offert par les riches propriétaires
augmentait aussi la totale sujétion. C’est par cette culture qu’ils craignent de perdre, que les indigènes cherchent aujourd’hui par tous les moyens à la conserver. C’est après ces 500 années de frustrations que l’on peut comprendre l’actualité de ces vingt dernières années. On ne peut pas parler du Chiapas
indigène ni le comprendre sans parler du mouvement zapatiste, du
mouvement rebelle né officiellement le 17 novembre 1983 dans la
forêt du Chiapas. Pour mieux comprendre l’apparition des organisation
non gouvernementales dans cette région du sud du Mexique il faut
avant tout situer un contexte. Celui du Chiapas est particulièrement
complexe avec toute la culture qu’il détient, mais il ne
faut pas oublier une page de l’histoire moderne que l’état
a connue récemment.. Que ce soit le racisme contre les indigènes
qui empêchent les actions, que les divers évènements
politiques et militaires qui sont survenus au cours de ces dernières
décennies dans cette petite région du sud du Mexique. C’est le 17 novembre 1983 qu’un
petit groupe composé de six indigènes et de six métis,
de cinq hommes et d’une femme, arriva dans la selva lacandona chiapanèque
et y installèrent un campement de montagne sommaire. C’est
à cette date précise que fut créée l’armée
zapatiste de libération nationale . D’origine différentes,
mais d’idéologies identiques, tous ne prônaient pas
la lutte armée. Certains étaient pacifistes. En 1988, le mouvement zapatiste entreprend sa première action de poids. La marche de « Xi-nich » à Palenque vise à contester l’élection du président Carlos Salinas de Gortari, élu par la fraude et symbole du néolibéralisme. Ce même président annule en 1993, l’article 27 de la constitution mexicaine de 1917, empreinte majeure de la révolution de Emiliano Zapata portant sur le droit à la terre et la redistribution équitable des terres aux « peones », esclaves dans les haciendas. Quand se sont formées les régions, le
travail était passé à une autre échelle. Des
cliniques, des hôpitaux, ou des écoles étaient construites
par les compas. Il n’était pas dur de convaincre des villages
entiers qui s’étaient déjà auparavant organisés
dans des luttes pacifiques pour lutter contre le gouvernement. Mais les
répressions constantes et l’impossibilité de négocier
à pied d’égalité, de par leur condition d’indigène,
avaient exacerbé les esprits. L’idée de lutte révolutionnaire
paraissait ainsi être probablement la seule solution pour se sortir
de la pauvreté. Dans celle guérilla aujourd’hui on
peut recenser plus de 99% d’indigènes et 1% de métis.
Les indigènes sont de différentes ethnies. C’est au bout de 10 ans et quelques mois que l’EZLN pris une ampleur régionale conséquente. Unissant la force de milliers d’indigènes, tous anéantis et excédés par des centaines d’années d’exploitation, n’ayant l’impression de ne plus pouvoir perdre beaucoup de choses tant leur droit étaient spolier, qu’à la fin de l’année 1993 ils décidèrent de passer à l’action en déclarant la guerre au gouvernement fédéral du Mexique. Pendant 10 ans, petit à petit l’organisation a pu rassembler les plaintes et les revendications indigènes pour devenir un mouvement qui ne se tairait plus, et qui apparaîtra aux yeux du monde, avec une cagoule. Celle de ceux qu’on ne voit pas. Ou que l’on ne voyait pas. Avec ces revendications, après tant d’année d’effort organisationnel, l’EZLN prenait forme et pouvait alors commencer ce pour quoi elle existait, une lutte pour leur droit et leur reconnaissance bafouée depuis des centenaires. 3 - La rébellion de 1994 Le 3 et 4 janvier toutes les villes sont reprises en main par l’armée fédérale, et des représentants de centaines de médias internationaux arrivent sur les lieux de la guérilla. On dénombre des dizaines de morts dans les deux camps. Toujours dans la même confusion, l’armée tire sur les véhicules du journal la Jornada, et de l’Agence France Presse. La nouvelle s’étend dans le monde entier et beaucoup de journaux en tirent leur une. Les principales ONG commencent alors à se mobiliser pour se rendre sur place. Le gouvernement quant à lui cherche à minimiser l’évènement dans ses déclarations mais envoie son aviation bombardée les montagnes de San Cristobal. A ce moment la la société civile cherche à s’organiser pour arrêter la guerre et surveiller l’armée. Plus de quinze organisations civiles créent la Coordination d’organisations non gouvernementales pour la paix, la Conpaz pour faire pression sur les deux protagonistes. La solidarité internationale commence aussi à émerger. Six jours après le soulèvement, des manifestations à Washington devant l’ambassade du Mexique est organisée avec l’appui d’organisations , en Espagne, au Canada et dans d’autres pays demandent l’arrêt de la persécution militaire sur l’EZLN. Amnesty international quant à elle condamne les bombardements des communautés indiennes, les divers milieux intellectuels européens se mobilisent. Le 12 janvier au Mexique plus de cent mille personnes manifestent dans le zocalo, place principale de Mexico Ciudad. Sous la pression, un cessez le feu est proclamé par le gouvernement. Une fois ce cessez le feu proclamé, et après quelques heurts entre les deux différents protagonistes, la situation commence à se calmer et l’EZLN choisit la voie de l’ouverture et de la négociation, plutot que celle de la résistance par les armes. En tout et pour tout le mouvement Zapatiste ne se sera servie de la lutte armée qu’une dizaine de jours, le temps nécessaires diront-ils pour pouvoir faire connaître leur revendication. Un véritable mouvement de sympathie de la société civile tant à un niveau national qu’international a émergé en faveur des indigènes zapatistes. Beaucoup de Mexicain, indiens, pauvres, intellectuels ou artistes se sont reconnus et ont saisi les revendications de ce groupe armée. Ce qui était tue, le racisme, l’exploitation, était enfin clamé haut et fort, aux yeux du monde entier. A l’international la mobilisation était aussi conséquente. Des manifestations devant les ambassades du Mexique étaient organisées dans de nombreuses capitales du monde, d’Europe, et du continent Américain. Peu de personnes étaient enclins à remettre en cause le mouvement. La seule critique faite était peut être les moyens utilisée par l’EZLN mais sûrement pas les causes profondes. La révolution de 1994, a pu permettre aux indigènes
du Chiapas de se faire entendre aux yeux de la nation mais aussi aux yeux
du monde. Après 500 ans, de spoliation et de soumission, pour la
première fois ils ont eu l’impression d’être
écouté et entendu. Même si pour cela il fallait prendre
des moyens extrêmes. 1994 marque aussi la date où le travail
des ONG s’est extrêmement compliqué, et où le
gouvernement a commencé à craindre cette aide internationale. |
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