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Le Chiapas en général : Carte d'identité |
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- Géographie : Chiapas et Nature Riche de culture et de nature, l'état du Chiapas séduit. Les ethnies qui le peuplent, sa position géographique, la richesse de ses sous sols, son extraordinaire végétation aident à mieux comprendre ses enjeux politiques, économiques et culturels. 1 - Géographie : Chiapas
et nature L’Etat est composé de 118 municipios regroupés en neuf régions économiques. La capitale politique et juridique de l’état est Tuxtla Gutiérez (430 000 habitants). La deuxième plus grande ville est située au sud ouest de l’état et est Tapachula, (271 000 habitants ) une ville tampon avec le Guatemala. De nombreux migrants venant de toute l’Amérique Centrale, en route vers les Etats-Unis s’y arrêtent. L’autre ville clé de cet état, que l’on pourrait qualifier comme la capitale historique, est San Cristobal de Las Casas (113 000 habitants) situé au centre du Chiapas. L’état borde donc le pacifique, mais est aussi et surtout recouvert d’une forêt tropicale très dense et vaste. La région de « los altos » (les hauteurs), représente une chaîne de montagnes. Ce sont la où vivent une grande partie des indigènes du Chiapas dans des petites communautés. Le relief de l’état est très fortement contrasté. On peut le divisé en quatre principales zones. La côte pacifique, les vallées centrales, les montagnes (los altos) , et la forêt tropicale (la selva) . Dans les altos, le climat reste assez frais la majeure partie du temps étant donné que c’est un climat montagneux. On parle de climat tempéré. De fortes pluies viennent régulièrement troubler le calme, de mai à octobre, de ces montagnes et de cette région, provoquant parfois d’énormes dégâts. Ce fut le cas en 1998, lorsque l’ouragan Mitch ravagea une bonne partie de l’Amérique Centrale n’épargnant pas le Chiapas où de fortes pluies torrentielles, des inondations et des glissements de terrain avaient gravement frappée l’état. Les récoltes d’importantes cultures de maïs qui venaient juste de commencer, ont été complètement ravagées. En octobre 2005, l’ouragan Stan a lui aussi provoqué des catastrophes très importantes dans l’état du Chiapas. Mais aussi au Guatemala et au Salvador. Sur l’ensemble du Chiapas le bilan a été lourd. On a compté plus d’une centaine de morts et des centaines de milliers de sinistrés. 400 000 habitant ont été bloqués ans les zones montagneuses de la Sierra Madres et de Los Altos. Les routes étaient devenues impraticables et boueuses. Des ponts, des routes ont été submergées et totalement anéanties. Les populations indigènes des hauteurs de San Cristobal de Las Casas ont particulièrement souffert d’infections respiratoires aiguës, de traumatismes, de diarrhées aiguës et de maladies cutanées. Le gouvernement avait alors promis une aide rapide et efficace mais celle-ci était surtout basée sur la reconstruction des routes ou des ponts ou de toutes infrastructures (tous les ponts (trois) reliant le Chiapas au Guatemala avaient été détruis). Les ONG présentes sur places, mais aussi les médecins Cubains dépêchés malgré le refus des autorités , ont, certes bénéficié de l’entière coopération du gouvernement mais ont du gérer toute la crise. La région est donc dans une zone climatique à fort danger. Cet épisode avait provoqué un véritable afflux d’ONG's d’urgences. Les indigènes ont fait partie des populations les pus touchées par cet ouragan avec les populations situées sur la côte pacifique de l’état . La géographie du Chiapas est donc très diverse tant par son relief que par son climat. On peut facilement passer des régions des plateaux ou de la côte pacifique, le soconusco, avec un climat tropical humide, chaud et fertile, à un climat de montagne dans les communautés des hauteurs de San Cristobal. De plus, la circulation n’est pas toujours très simple pour se rendre dans les communautés indigènes, il est rare que les routes soient goudronnées. Le climat fait aussi des ravages dans cette région du monde, où les ouragans sont très souvent meurtriers et destructeurs. De plus il est important de souligner que dans la région de la Sierra Madre de Chiapas, dans la région du soconusco, qui s’élève en 1 000 et 2 500 mètres d’altitude se trouve le volcan Tacana à la frontière avec le Guatemala. Celui-ci atteint plus de 4 000 mètres. La sierra madre du Guatemala est également parcourue par d’autres volcans. Ceux-ci sont en sommeil actuellement. 2 - Un état riche en ressources Le Mexique est un pays riche en ressources naturelles puisqu’il est le cinquième producteur mondial de pétrole (dont 35% de la production se trouve au Chiapas), le neuvième exportateur mondial de pétrole, et le troisième producteur d’argent. Le Chiapas est la huitième région la plus pauvre du Mexique mais aussi une de celle comptant la plus nombreuse population d’indigène. C’est aussi un état qui malgré sa pauvreté détient de nombreuses richesses naturelles. En effet, à lui seul, cet Etat, fournissait en 2000, 55% de l’énergie hydroélectrique grâce à ses sept centrales, 35% du pétrole surtout dans le nord de l’Etat, près de 25% du gaz naturel et 35% du café du Mexique (Tapachula fournit 40% de la production de café du pays et le Chiapas fournit plus de la moitié du café exporté par le Mexique). De plus avec sa grande forêt cette région bénéficie d’une ressource qui commence déjà à se raréfier, l’eau. De nombreux projets de barrages destructeurs pour la nature ou d’entreprises pour gérer cette ressource s’inscrivent dans le cadre du Plan Pueblo Panama . La forêt lacandona, d’une superficie de 1,3 millions d’hectares (sur les 2 millions que compte le Chiapas), constitue l’une des zones tropicales les plus importantes du pays pour ses richesses naturelles mais aussi pour sa position stratégique (marque la frontière avec le Guatemala). La Selva conserve une grande diversité en faune et en flore. Cette superficie a cependant souffert d’une forte dégradation suite à l’exploitation du bois, à l’élevage intensif et à la forte densité de population. Il faut aussi ajouter à cela une série de politiques gouvernementales contradictoires, entre protection de l’environnement et exploitation des multiples ressources naturelles rentables. Le Chiapas est aussi un important producteur de pétrole, et en plus il contient encore des réserves non exploitées à l’heure actuelle, attisant ainsi les envies de l’entreprise nationale PEMEX . En 2001, le Chiapas a extrait l’équivalent de 17,5 millions de barils de pétrole brut. Il existe 118 puits, la plupart sont situés au nord de l’état. La région du Chiapas bénéficie aussi d’un réel attrait touristique. Le tourisme est l’une des toutes premières industries du pays. Les sites archéologiques mayas comme Palenque (classé au patrimoine mondial de l’UNESCO), ou Bonampak, sont reconnus internationalement. La selva (Forêt tropicale) attire aussi de nombreux touristes qui peuvent bénéficier de nombreuses réserves protégées (environ 37 sur tout le territoire Chiapanèque). Cependant, et en conséquence directe, l’état fédéral a interdit l’exploitation commerciale du bois d’œuvre et la récolte du bois de feu aggravant ainsi la situation du Chiapas alors que c’était l’une des ressources premières de l’état. Ainsi les communautés locales vivant dans les forêts et en étant ainsi propriétaires , y compris les communautés zapatistes, ont été privées de revenu, d’emploi, mais aussi et surtout de l’utilisation de ce bois pour faire du feu. 20% du territoire de l’état est sous protection officielle. Ces réserves entraînent l’élaboration
de nombreux projets d’écotourisme, visant à faire
découvrir aux touristes soucieux de l’environnement et des
cultures, le mode de vie des communautés mais aussi la nature,
la faune et la flore, qui les entourent. Ces projets sont pour la plupart
à l’initiative des communautés elles mêmes,
parfois, certaines organisations non gouvernementales soutiennent ces
projets et aident au financement et au respect des normes éthiques.
D’autres projets, sont fortement soutenus voire imposés par
le gouvernement fédéral ou par celui de l’état.
Le principal problème économique du Chiapas réside dans son système agraire, particulièrement archaïque. Celui-ci n’est pas concerné par la réforme agraire mise en place par la révolution Mexicaine en 1910, puisque le système de l’époque coloniale subsiste encore de nos jours. Ce système ne permet pas à l’état du Chiapas de concurrencer équitablement l’agriculture nationale et internationale ou tout au moins américaine et encore moins depuis les accords de libre échange nord américain signés en 1994, par le Mexique avec le Canada et les Etats-Unis, l’ALENA. Cet accord a entraîné l’ouverture du marché intérieur et les produits mexicains sont aujourd’hui en concurrence directe avec ceux des Etats-Unis ultra subventionnés. Cet accord a créé d’ailleurs, la crise de la tortilla qui secoue le pays depuis janvier 2007. Cette situation agraire est un des problèmes primordiaux du Chiapas. L’économie rurale du Chiapas est diversifiée,
tournée aussi bien vers la satisfaction des besoins essentiels
que vers l’exploitation des ressources naturelles. L’Amérique Latine du 21ème siècle est un continent chargé de contradiction au sein duquel tentent de se côtoyer deux différents type de classes sociales totalement opposées. D’un coté une classe sociale aisée au niveau de vie très élevé, et de l’autre une classe sociale pauvre, regroupant souvent une majorité indigène. C’est le cas particulier du Chiapas. Avec plus de 103 millions d’habitants en 2002, le Mexique est le troisième pays le plus peuplé d’Amérique après les Etats-Unis et le Brésil. C’est le onzième pays le plus peuplé au monde. 60% des mexicains sont des métis. Le Chiapas était peuplé de 4,3 millions d’habitants d’après le dernier recensement effectué en 1999. Cependant il est intéressant de noter que l’on parle ici de populations très différentes. L’état, outre ses richesses naturelles est riche de diverses cultures et de diverses communautés. On peut recenser par moins de 9 ethnies différentes représentant environ deux millions d’indigènes. Le reste de la population étant principalement des métisses, des migrants, ou des créoles. Le Chiapas a le plus forte concentration de population maya sur le territoire mexicain. Il est également le berceau de rivalités entre plusieurs communautés partageant des idéologies différentes quant à l’intégration de leurs groupes. La région du Chiapas se divise elle-même en trois grandes zones géographiques auxquelles correspondent des peuplements différents. Il s’agit de los altos, le Nord et la Selva. Au Mexique on recense 62 groupes autochtones différents ayant chacun leur culture et parlant une langue particulière. Le Chiapas n’échappe pas à la règle. En effet les indigènes sont divisés en 9 ethnies différentes . Les principales ethnies les plus représentées restent les tzeltales , les tzotziles , les zoques et les Choles parlant pour la plupart des dialectes différents. Cependant la diversité ethnique et linguistique a été considérablement affaiblie par les pertes démographiques consécutives à la conquête espagnole et aux regroupements ethniques forcés. Il y avait alors plus de deux cent langues parlées sur tout l’actuel territoire mexicain. Toutes ces ethnies font parti de l’ensemble communément appelé Maya. A l’époque préhispanique, la société mexicaine était organisée selon des castes. Aujourd’hui, ce système a disparu mais le schéma global reste sensiblement le même. Les descendants d’espagnols ou d’autres
populations occidentales (France, Allemagne, Pologne, Russie…) venus
en Amérique Latine après la seconde guerre mondiale, sont
en général ceux qui accèdent aux plus hauts postes
et dont les revenus sont les plus élevés. Ces derniers représenteraient
d’après le gouvernement un petit pourcentage de la population
de 9%. On les trouve surtout dans les grandes villes du pays et dans la
capitale. Ces derniers étaient autrefois appelés criollos
. Il n’existe pas de pourcentage pour l’état du Chiapas,
mais ils sont beaucoup moins nombreux que dans les autres états
du Mexique. Bien que la proportion d’allemands reste assez élevée. Les populations du Chiapas dans
son ensemble sont particulièrement pratiquantes. La religion a
une place primordiale au sein de la société. Malgré
l’arrivée de nombreuses sectes dans le pays mais aussi dans
le Chiapas, la religion catholique est la première de l’état.
Il faut cependant noter que les Mayas croient au catholicisme mais conservent
tout de même de nombreuses croyances ancestrales, parfois même
elles régissent la vie communautaire. On estime à 89% de
la population, le nombre de Mexicains catholiques, 6% protestants et 5%
d’une autre confession. On assiste à un pullulement de sectes
en majorité d’inspiration protestante et principalement au
Chiapas. On peut citer sans être exhaustif, les témoins de
jéhova, l’adventisme, le pentecôtisme … Cependant
il faut noter que les représentants de la religion catholique comme
les évêques sont souvent partie prenante dans les débats
politiques. Ces derniers n’hésitent pas à prendre
partie dans les principales discussions. Par exemple, lors de la loi sur
la légalisation de l’avortement en début d’année
2007 de nombreux évêques se sont insurgés contre.
Ces derniers avaient une capacité d’écoute surprenante.
Il en est de même avec l’ancien évêque du Chiapas,
Samuel Ruiz Garcia qui représente lui la tendance progressiste
de l’église catholique se caractérisant par son engagement
en faveur des Indigènes, son combat pour la démocratie et
contre le néolibéralisme et par ses préoccupations
sociales qui se rapprochent de la théologie de la libération.
Ce dernier est du coup, considéré par les autorités
Mexicaines, sinon comme l’un des instigateurs du soulèvement
zapatiste, mais du moins comme l’un des principaux soutiens aux
guérilleros. Par Espoir Chiapas |
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