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9 décembre 1992 L’histoire
de «Las Abejas» a commencé en 1992, quand un conflit
de terres entre membres d’une même famille a eu lieu dans
la communauté de Tzanembolom, municipalité de Chenalhó.
Un lot de terre reçu en héritage devait être partagé
entre un frère et ses deux sœurs. Le frère n’a
pas voulu le partager avec ses sœurs car en tant que femmes, elles
n'avaient à ses yeux aucun droit. En réponse, les habitants de Tzanembolom ont pris l’initiative de visiter les communautés voisines pour leur proposer de former une organisation qui leur donnerait la possibilité de se défendre en cas d'attaques. Unis, ils seront plus forts. Le 9 décembre 1992, des représentants de 22 communautés se réunirent à Tzajalchen pour former l’organisation «Las Abejas». A la fin de la réunion, trois personnes furent attaquées par des hommes armés. L’une d’entre elles mourut et les deux autres furent gravement blessées. Au lieu d’arrêter les agresseurs présumés (qui auraient été le frère et ses amis), les autorités arrêtèrent, sans mandat, cinq personnes qui avaient participé à la réunion et avaient aidé au premiers secours les blessés. Ils furent accusés d’être les responsables de la violence dans la région. Les prisonniers furent conduits à San Cristóbal de las Casas. Dès les premiers jours, ils s’organisèrent pour descendre sur San Cristobal protester contre cette injustice. Des centaines d’indigènes effectuèrent un sit-in. Dans les premiers jours de janvier, «Las Abejas» partirent alors en pèlerinage jusqu’à Tuxtla Gutierez, capitale de l'état du Chiapas. Ils arrivèrent devant la prison et décidèrent de bloquer toute entrée et sortie tant que les prisonniers n’étaient pas libérés. «Pendant cinq jours, nous avons marché jusqu’à l’endroit où les prisonniers se trouvaient entre prières et musique traditionnelle. Après, cela d’autres frères et sœurs de Simojovel, San Andrés, Chalchihuitán et Pantelhó se sont joints à nous». Finalement, le bureau du Procureur de la Justice de l’état s’est vu dans l’obligation de relâcher les détenus pour faute de preuves. Le retour dans leur communauté fut triomphant, c’était alors la première victoire de Las Abejas par la non violence. Ici résultait la force de l’union. 1994, paramilitaires et populations déplacées En
1994, l’Armée Zapatiste fait son apparition dans plusieurs
villes avec armes à la main, (seule et unique fois qu’ils
seront amenés à prendre les armes). Ils poussent le cri
de « Ya Basta! », "Assez", des siècles d’exploitations.
Ils revendiquent le droit à la terre, à la liberté,
à l’éducation, à la justice… Les
tensions entre communautés rebelles et communautés pro gouvernement
(PRI ou parti révolutionnaire institutionnel) provoquent de nombreux
conflits. Face à cette situation, Las Abejas se place en médiateur,
fidèle à ses convictions pacifique. Ce rôle n’a pas été apprécié par le gouvernement. Celui-ci, qui avait alors signé des accords face à la pression internationale pour que l’armée nationale cesse ses actions contre les indigènes, a formé des paramilitaires (indigènes pro gouvernementaux) qui ont choisi pour cible la Société Civile pour cible. Les stratèges de la guerre de basse intensité déclarent : « Le peuple est à la guérilla ce que l’eau est au poisson. ». Au Chiapas, « le gros poisson » sont les zapatistes, et « l’eau », la société civile de Las Abejas. Il s’agit de détruire l’eau pour que se meure le poisson. Le 19 septembre les paramilitaires commettaient leurs premières exactions à Los Chorros, incendiant 70 maisons. A partir de ce jour, ils allaient semer la terreur dans plus de quinze villages de la municipalité de Chenalho. Les paramilitaires entrent donc armés dans les communautés, tirent en l’air pour effrayer, puis brûlent les maisons, pillent les récoltes, volent tous les biens et bétails. Ils violent, tabassent leurs frères et sœurs indigènes, retournant ensuite dans leur base, passant souvent à coté des campements de l’armée et de la police qui les laissent faire en toute impunité. Les paramilitaires vont vendre le fruit de leurs vols à la municipalité voisines, Pantelho. L’argent obtenu sert à acheter des armes et des munitions. Leurs victimes sont toujours des communautés appartenant à la société civile de las abejas. La majorité des membres de la Société Civile ont du abandonner leurs communautés et se réfugier dans les montagnes vivant dans des campements de déplacés comme Actéal, X’oyep, Tzajalchen. En 3 mois pas moins de 10 000 indigènes, le tiers de la population de Chenalho, vont chercher refuge dans la montagne, exposés aux intempéries, dans la boue. Ils cherchent à se défendre des pluies torrentielles, construisant des toits précaires avec des branches et des feuilles de bananiers. Beaucoup avaient les pieds et les jambes cassées, et les vêtements coupés par les épines du chemin. |
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