| Retour au
site Espoir Chiapas Retour à l'accueil 10&15 Acteal |
|||||
![]() |
|||||
Le massacre d’acteal "Il s’est dit et il s’est écrit beaucoup de chose sur le massacre d’Actéal. J’aimerais seulement vous raconter comment j'ai vécu ces tristes jours. Le 22 décembre, mon ami le cinéaste belge, Thierry, vint me voir avec son épouse Véronica, bien qu’Andrés Aubry à San Cristobal leur avait dit - je ne crois pas que ce serait bien ni pour vous ni pour Michel d’aller à Chenalho. Mais Veronica avait très envie de me connaître et de voir le peuple où Thierry avait filmé durant plus de 10 ans. Vers midi, Thierry me dit : -Michel, si tu n’as pas de temps pour écrire a ton frère je vais prendre un vidéo pour lui. Nous prenons l’apéritif et sortons pour manger au restaurant de l’autre coté du zocalo. A 5h de l’après midi Thierry et Véronica partirent mais a l’entrée de la CAVECRA des agents de la migration leur confisquèrent leur visas et leur donnèrent 48 heure pour sortir du pays. C’était un délit de parler au curé de Chenalho En soirée, dans le village, certains commentaires faisaient référence à un problème qui aurait lieu à Acteal durant la journée. Je n’y était pas allé sinon jusqu’au jour suivant, à l’heure du premier bulletin de presse de la radio à 5h du matin, qui m’informa du massacre d’Actéal : 45 indigènes assassinés par leur frère de peau : les paramilitaires Cela faisait déjà un certain temps, qu’Actéal fut détruit par les paramilitaires, excepté l’ermitage qui se trouvait plus loin. C’était là que les Abejas (les membres de la société civile) avaient trouvés refuge. Le catéchiste Chef de Zone, Alonso Vasquez Gomez, a invité ses fidèles à célébrer les trois jours de jeûne et de prière pour demander à Dieu le retour de la paix « avec justice et dignité », mais aussi la réconciliation avec leurs ennemis. C’est pour cela que le 22 décembre une grande partie de la communauté se trouvait dans l’ermitage Depuis très tôt, un groupe d’au moins 70 paramilitaires habillés d’uniformes de police, ont entouré le campement de réfugiés et ont commencer a tirer des rafales d’armes automatiques. Se fut la débandade, mais très rapidement quelques corps restèrent gisants sur le sol. Vers les 10h du matin, le vicaire général, le père Gonzalo Ituarte, Secrétaire de la CONAI su ce qu’il s’était passé. J’appelais alors par téléphone les autorités gouvernementales de Tuxtla Gutiérrez, lesquelles se mirent en contact radio avec le Général responsable du secteur d’Actéal. Ce dernier répondit : Rien à signaler. Bien que la police était à 200 mettre de lieu de la tragédie, et l’armée à 15 minutes. La boucherie dura de nombreuses heures, laissant pour solde, 30 blessés, et 45 morts. Parmi eux 15 enfants et 21 femmes, quatre d’entre elles enceintes furent étripées. Après avoir accomplit cette dégoûtante tâche, les paramilitaires se retirèrent sans être déranger par les policiers. Ils brûlèrent leurs uniformes et cachèrent leurs armes. Bientôt, l’armée établit un cordon sanitaire pour empêcher les curieux, et par-dessus tout les journalistes, de s’approcher alors que les policiers essayer d’effacer toutes preuves d’une agression, amenant les blessés à Tuxtla et entassant les cadavres avec l’ordre de les brûler. C’est ce que me disait le président municipal, Jacinto Arias, mais ceci n’était pas possible à cause de la présence des journalistes. Donc, malgré les protestations des familles les cadavres furent amenés à Tuxtla sous prétexte de pratiquer une autopsie Le 23 décembre, après
avoir appris cette macabre nouvelle je fut à San Cristobal pour
consulter Samuel Ruiz qui me dit : - Michel, je te demande (…)
de ne pas célébrer la messe de noël à Chenalho.
Je retournais au village pour prévenir Moises de la décision
de l’évêque, la célébration allait
se réaliser dans sa maison (…) Je prévins également
don Abel (celui qui se charge de mes conseillers lorsque je suis sur
San Cristobal). Sa femme, Anita s’exclama : Le 24 décembre, j’étais aller accompagné Don Samuel pour la messe de noël à la cathédrale de San Cristobal. Nous étions tous les deux en larmes. (…) Le gouvernement avait ramené les corps sans indiquer les noms de ceux-ci. Les familles devaient alors ouvrir les cercueils pour reconnaître les leurs, il y avait déjà une odeur pestilentielle. Il était alors passé trois jours depuis le massacre et les corps mutilés avait été amené sans aucun soin à Tuxtla en camion où il fait une chaleur exponentielle. Le noël le plus triste de
ma vie dira Don Samuel Ruiz A la fin de la messe je dirigeais
ma parole à toute l’assemblée. Dans l’après midi
de ce même jour, je fut témoin une autre fois de la foi
et de l’espérance inébranlables de mes frères
indigènes. Les catéchistes m’avaient appelé
pour me dire : « Michel, demain c’est le premier jour de
janvier. Demain commence une nouvelle année, une nouvelle étape.
Nous voulons que le sang de nos frère et sœurs, n’ait
pas coulé en vian. Donc demain tôt, tu vas nous célébrer
une messe de la résurrection. Le 26 février 1998, 4 jours après sa deuxième messe de commémoration du massacre d’Actéal, le curé de Chenalho fut expulsé. (ndlr) "Las Andanzas de Miguel
Chanteau"
|
|||||