![]() |
|||||
REPORTAGE. Dix ans après Acteal La Jornada octobre
2007 "Je préfère que l'Histoire se souvienne de moi en tant que répresseur plutôt que de signer des accords avec l'EZLN", tel fut le message tenu alors par l'Etat major rebelle. "
"Monsieur Julio César Ruiz Ferro" a été tenu informé à tout moment du développement de l'opération, au moins depuis midi, le 22 décembre, alors que le massacre avait commencé il y avait déjà une heure. Approuvé par les gouvernements fédéral et du DF, l'attaque se précisa le 23 au cours d'une réunion de paramilitaires de Los Chorros, Puebla, La Esperanza et Quextic" poursuit le premier des quatre communiqués zapatistes. "La responsabilité directe des faits sanglants repose sur Ernesto Zedillo Ponce de Leon y sur la Secrétariat du Gouvernement, qui depuis deux ans, donnèrent leur feu vert au projet de contre-insurrection présenté par l'Armée fédéral. Ce projet essaie de déplacer la guerre zapatiste vers un conflit entre indigènes, motivé par des différences religieuses, politiques et ethniques. Pour le mettre en place, ils financièrent l'équipement, l'armement et l'entraînement militaire dispensé par des officiers de l'Armée fédérale aux indigènes recrutés par le PRI. Pour laisser le temps nécessaire à la formation de ces escadrons de la mort, le gouvernement mexicain dessina une stratégie parallèle de renforcement de la présence militaire sur place ainsi que de dialogue simulé sans aucune intention de mettre en oeuvre les décisions prises. Le gouvernement du Chiapas fut chargé de garantir l'impunité des groupes paramilitaires et facilita l'opération dans les principales zones rebelles". Comme preuve de sa "volonté de paix", Ernesto Zedillo envoya des menaces à l'Etat major de l'EZLN à travers ce message: "Je préfère que l'Histoire se souvient de moi en tant que répresseur plutôt que de signer des accords avec l'EZLN". Cette promesse, il l'a effectivement tenue. L'Histoire se souviendra effectivement de lui comme étant l'assassin d'indigènes et il a bel et bien sur les mains souillées par le sang du massacre d'Actéal". Aucun indigène n'avait d'armes Dans un second communiqué (27 décembre), l'EZLN fait part de l'avancée de ses investigations. "Aucun réfugié n'avait d'armes à feu", souligne-t-il. En revanche, tous les attaquants en avaient et certains même disposaient d'armes blanches. La plupart des armes étaient des AK-47 et de calibre 7.62 x39. Les armes courtes ou pistolets étaient de calibre 22 long rifle. "Avant que ne commence le massacre, les véhicules des paramilitaires furent détectés par des bases d'appui de l'EZLN. Ces dernières se chargèrent d'aller avertir les réfugiés d'Actéal pour qu'ils sortent et qu'il alertent la Commission Nationale d'Intermédiation (Conai). Un groupe d'environ quinze personnes décida de sortir alors que les autres non, convaincus que n'ayant rien fait de mal, personne ne pouvait leur en vouloir. "Le 22 décembre à midi, au début de l'attaque et des premières détonations, les bases d'appui de l'EZLN se mirent en contact avec la Conai pour les informer. La Conai leur répondit qu'elle allait en informer le Gouvernement. A midi, le 22, le Gouvernement reçut effectivement la plainte. A 19h, un nouvel appel fut lancé, ce à quoi le Gouvernement répondit qu'il maîtrisait la situation. "Le comando paramilitaire, auteur
du massacre, se déplaça en véhicules appartenant
à la municipalité priiste de Chenalho et à des
particuliers. Tous les agresseurs portaient des uniformes de couleur
sombre. Les véhicules ainsi que les armes, uniformes et équipements
furent financés grâce aux fonds provenant du Secrétariat
au Développement Social. Une fois l'attaque terminée,
les agents de la Sécurité publique ramassèrent
les corps et les firent disparaître dans une grotte et dans le
fonds d'un ravin". L'objectif était "d'en finir avec eux", qu'il ne reste aucun témoin: "Le plan du gouvernement était que ce fait ne soit pas du domaine public. Les autorités d'abord voulurent nier le massacre avant de la minimiser.Maintenant ils veulent semer le trouble dans l'opinion publique quant à la véritable cause du crime". Pour l'EZLN, "il est évident que les agresseurs était militairement entraîné comme un "commando spécial". Ses armes, équipements et uniformes en témoignent. Ils révèlent en effet qu'il s'agissait d'une action concertée, préparée et dirigée par des personnes ou instances qui ne participèrent pas directement. "Depuis le début de la détérioration de la situation sociale dans le Chiapas, résultat de la stratégie de contre-insurrection du gouvernement, le CCRI-CG de l'EZLN orienta ses bases d'appui afin d'éviter à tout prix l'affrontement entre indigènes. L'objectif du gouvernement étant lui, de nous faire changer de cible et de provoquer des affrontements entre nous. C'est pourquoi, chaque fois que nous avons été agressés nous avons répondu de façon non violente et avons eu recours à la Conai et la presse nationale et internationale. "Une chaîne de télévision
rapporta objectivement les conditions de persécution et de harcèlement
que subissent les habitants de Chenalho. Tous les témoignages
dénoncèrent la présence et l'action des "gardes
blanches". Le sécrétaire du Gouvernement, quant à
lui, contesta "le ton partial" de cette information et s'opposa
à sa diffusion ", selon l'EZLN. "D'après les évidences
observées, on déduit que le crime d'Actéal fut
préparé à l'avance, sous la direction des autorités
de l'Etat et avec la complicité de plusieurs secrétariats
du gouvernement fédéral, notamment ceux de l'Intérieur,
du Développement social et de la Défense ainsi que les
directions national et chiapanèque du PRI. Au début de 1998, l'EZLN ajoute
(le 15 Janvier): "D'après les blessures que présentent
certains survivants, l'analyse des impacts dans les constructions d'Actéal
et les études de balistique, les paramilitaires utilisèrent
aussi des armes d'un calibre de 5.56 milimètres(...)".Parmi
les armes de ce calibre, il existe le fusil automatique M-16 (R-15 dans
sa version semi automatique) que les agents de la Sécurité
Publique utilisent actuellement". Dans les premiers jours de janvier 1998,
l'Armée occupe Aldama, Morelia, Yaltchiptic,San Caralampio, 10
de Abril ainsi que d'autres communautés zapatistes dans la forêt
lacandone et dans les Altos et assiège La Realidad sept heures
durant. La guerre n'est pas finie. |
|||||