Urgence sanitaire et création de OSECAPIACH AC
1. Contexte sanitaire
- Un service publique inexistant
Les politiques grouvernementales de l'état du Chiapas sont extrêmement discriminatoires et laissent les communautés indigènes les plus démunies sans aucun appui sanitaire. Outre la non reconnaissance des droits indigènes par le gouvernement, il n'existe quasiment aucune implication de l'état dans les affaires sociales, notamment de santé pour ces populations. L'injuste répartition des soins par les services publiques provoque aujourd'hui d'immense déséquilibres entre communautés pourtant voisines. Ainsi, l'un des premiers critères d'accès aux soins est la promesse par les populations d'un vote favorable au parti politique en place.
- En chiffres...
Au Chiapas, 1 million de personnes dont la majorité, indigène, n'a pas accès aux centre de santé. Dans les municipalités où vivent plus de 70% d'indigènes, 1 médecin est présent pour 25000 habitants. Les principales maladies sont dues à plusieurs facteurs significatifs de difficiles conditions de vie. La malnutrition affecte 71% de la population indigène. Le taux de mortalité est le plus élevé du Mexique. La majorité des décès est due à des maladies respiratoires et intestinales, cause du manque d'accès a l'hygiène quotidienne. Les principaux individus touchés sont les enfants avec 28 décès pour 1000 enfants, principalement affectés par des diarrhées. La santé maternelle est également au coeur des problématiques sanitaires dans les populations indigènes. La mortalité maternelle a pour cause principalement la malnutrition, la violence familiale, les grossesses prématurées et les avortements mal pratiqués.
2. Création de OSECAPIACH AC
Les régions de la Selva et de Los Altos sont les plus touchées par ces problèmes. Pour les 44 communautés de la société civile Las Abejas, aucune structure de santé ni aucun service n'ont été organisés, construits et planifiés malgré l'éloignement urbain par le gouvernement. Plus de 5000 personnes n'ont aucun accès aux premiers soins dans une région où les infrastructures ne permettent pas l'accès rapide aux hôpitaux de San Cristobal (la ville la plus proche) et où les populations sont sensibles aux maladies les plus basiques du fait de leur très faibles moyens. Le premier hôpital est situé à 2h de route de montagne.
Face à l'urgence de la situation sanitaire et au vide gouvernemental, la société civile Las Abejas crée en 2003 une coopérative de santé : OSECAPIACH AC. Elle met en place un système autonome d'accès aux premiers soins qui vise non seulement ses membres, mais également les habitants de toutes communautés alentours.
1ère étape : connaitre les besoins
Soutenus par Médecins du monde Chiapas, la première démarche de la coopérative est l'investigation par la distribution d'un questionnaire aux communautés visant à mieux connaitre les besoins médicaux et la situation sanitaire. Les réponses récoltées mettent en avant l'urgence de l'amélioration des conditions d'hygiène, de la surveillance de la santé maternelle, la dénutrition, la malnutrition, la santé infantile.
2ème étape : Définir les objectifs
Toujours accompagnés par l'équipe de MdM Chiapas, la coopérative de santé met au point un projet intitulé "la salud al mano del pueblo" qui met en forme ses principaux objectifs et crée différentes aires de travail.

3 ème étape : Organiser le système de santé
Après avoir définis les principaux objectifs, les membres de la coopérative ont pu commencer à s'organiser en strucurant le projet. La première démarche était la formation de promoteurs de santé aux connaissances basiques de médecine ainsi que la définition des règles de consultations et la construction des maisons de santé.
>>> Actuellement, 21 promoteurs sont aptes à exercer et reconnus dans la pluspart des hôpitaux du Chiapas grâce à un diplôme spécial d'état. Ils sont également "multiplicadores", c'est à dire capable de former à leur tour des promoteurs de santé de manière indépendante de toute ONG. Aujourd'hui, 2 nouveaux candidat sont en formation.
>>> Des maisons de santé ont été construites dans 10 communautés et sont ouvertes à tous. Les consultations sont données gratuitement par les promoteurs de santé qui sont eux mêmes volontaires et bénévoles.
>>> Les médicaments sont vendus à bas prix ou gratuits pour les plus démunis. L'argent récolté par la vente des médicaments permet de réapprovisionner les maisons de santé.
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Les patients qui doivent être hospitalisés sont transférés par taxi dans les hôpitaux de San Cristobal, Tuxtla ou Cancun selon la gravité de la maladie. Ils sont accompagnés par un promoteur de santé qui sert d'interprète tzotil/espagnol et également d'interprète médical pour des populations peu habituées au jargon médical. Les frais de transfert et de vie sur place sont à la charge du promoteur de santé.
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