Après 1994 et la mobilisation médiatique et politique sans précédent le Chiapas semble être tombé dans l'oubli. Pas d'effusion de sang, pas de caméra. Seul quelques journaux continuent de mettre régulièrement en scène le charismatique Sous commandant Marcos. Mais la marque de tabac du révolutionnaire romantique n'est guère passionnante que pour la rubrique des faits divers et malheureusement, les informations s'en arrêtent là.

Pourtant le Chiapas est une région extrêment dynamique. Sa carte d'identité géopolitique complexe mérite regard et analyse. Elle représente à elle seule une myriade de problématiques politiques, économiques, sociales et culturelles. Tout ceci dans le contexte d'un état lourd de passé et de traditions précieuses.

L'impact de la révolution zapatiste peut être mis en lien avec les différentes révolutions représentatives de l'Amérique Latine de ce siècle. Pour beaucoup, pour nous aussi, elles représentent une alternative rare au néolibéralisme impulsé par les pays du nord. Le zapatisme, contribue, depuis 1983, à modifier, à son échelle, la hiérarchie des priorités de l'état mexicain. En plaçant le domaine social, les valeurs de Dignité, la reconnaissance éthnique, la lutte pacifiste au sommet de ses priorités, elle défait peu à peu l'avenir tout tracé d'un Chiapas attrayant pour les investisseurs, sans fond pour les populations sans ressources.

Ce contexte se ressent de plus en plus au sud du Mexique, pourtant pays chasse gardée des Etats Unis, notamment depuis la signature de l'ALENA, (accord de libre échange de marchandises entre le Canada, les Etats Unis et le Mexique) le 1er janvier 1994.

Depuis 1994, la région a évolué, la situation change, l'état se fait neuf. Nous souhaitons, par diverses actions, rendre une image du Chiapas actuel, méconnue par la plupart. Nous donnerons à la fois notre vision engagée et une vision plus neutre que nous pensons tout aussi nécessaire à la compréhension de l'état mexicain.