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| L'Ecotourisme | |||||||
Notre vision de l'écotourisme se modifie peu à peu. Après avoir expérimenté sur le terrain de nombreux projets et investigué auprès d'organismes locaux indépendants, il nous apparaît comme de plus en plus évident que l'écotourisme, plus qu'une solution, est un moyen, manipulé par des intérêts plus grands encore. On distingue alors nettement comment des besoins locaux peuvent être repris par un contexte national au service de projets multinationaux. Essai de définition Proche du tourisme solidaire, nous définirions l'écotourisme comme étant une forme de tourisme alternatif devant permettre l’observation, la découverte et la protection du cadre naturel et impérativement dans le respect de la culture et des traditions des populations qui y vivent. D’après de nombreux organismes observateurs ou acteurs de l’écotourisme, cette forme de tourisme selon cette définition n’est pas ou presque pas mise en œuvre. A l’heure où la planète se découvre une conscience écologique, on dénombre des milliers de projets écotouristiques qui ressemble fort au tourisme traditionnel. Biodiversité, investissement et grands projets Le Chiapas, qui a
accueilli le Forum international du tourisme solidaire (FITS) en 2003,
est devenu la Terre promise de l’écotourisme. Situé
à l’extrême sud du Mexique, c’est un état
d’une incroyable richesse naturelle. Sa biodiversité est
un panel surprenant d’espèces rares. Crocodiles, jaguars,
oiseaux migrateurs, des milliers d’espèces différentes,
de plantes (cacao, café), de poissons, des mangroves immenses sur
la côte pacifique et d’innombrables réserves naturelles
protégées en font un lieu parfait pour la promotion d’un
tourisme écologique. Un moyen bien plus qu'une fin Le gouvernement du Chiapas et le secrétariat du tourisme mexicain insufflent d’énormes capitaux dans de multiples projets d’écotourisme par l’intermédiaire d’ONG (conservation Internationale) ou de commission gouvernementales comme la Commission des aires naturelles protégées (CONANP) ou la Commission au développement Indigène (CDI). La Banque mondiale et la Banque inter-américaine de développement investissent elles aussi cette terre dont les sous-sols riches en pétrole, eau et gaz promettent des investissements colossaux. Celles-ci prennent en charge la création de « projets-packs », peu soucieuses de l’avis d’une population qui accueille généralement les fonds (des millions) à bras ouverts. Le gouvernement dépêche également des « formateurs » chargés d’inculquer un esprit commercial aux populations. Elles savent ensuite parfaitement mettre en scène leurs traditions, convaincues que c’est ce qui fait vendre, n’hésitant pas à ressortir d'anciens vêtements traditionnels lors de la venue des touristes. C’est ce qui se passe dans les communautés de Lacanja Chansayab au cœur de la forêt Lacandone. A Lacanja, 13 familles ont reçu chacune une somme démesurée pour la construction de structures d’accueil. Sans prendre compte d’une quelconque tradition communautaire, les organismes gouvernementaux ont installé la concurrence au cœur même d’une communauté. Conséquence de l'écotourisme La démarche a pour but de casser les cultures communautaires, rendant un terrain devenu privé, accessible, récupérable et revendable. Le développement de l’écotourisme devient un prétexte parfait pour la construction d’infrastructures indispensables pour l’accueil du personnel des multinationales venant investir dans les merveilles naturelles chiapanèques. Ainsi, des zones entières de culture, des terres sauvages abritants des peuples vivant de la nature se verront traversées par des routes, des ponts… Un barrage prévoyant l’immersion d’une bonne partie de la forêt lacandone est en projet. Il provoquera le déplacement de nombreuses communautés et la destruction d’écosystèmes. (a voir, dossier sur le plan puebla panama) Notre conclusion Finalement, l’écotourisme
n’est qu’un voile opaque recelant des projets au futur plutôt
sombre. Ne prenant ni en compte l’écologie, encore moins
l’avenir des populations, il joue avec la naïveté des
peuples désirant se développer, mettant de côté
histoire, culture, tradition et éthique. Par Espoir Chiapas |
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Ressources : Articles du CIEPAC A consulter: |
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